Dans un excellent papier paru dans Atlantic Monthly, James Fallows revenait sur l’analyse de Google à propos de la situation économique de la presse. Pour être plus lisible, j’ai découpé mon résumé en plusieurs articles. J’ai repris certains passages en VO, car je les trouve vraiment très parlants…
- Bonne nouvelle : Google a (forcément) une approche différente du problème. James Fallows souligne la différence culturelle entre d’un côté Google, “a wildly successful, collectively cocky, engineer-dominated, very internationally staffed West Coast tech start-up”, et de l’autre la presse papier, “a national news establishment, East Coast–centric, liberal arts–heavy, less international in staff and leadership (more Brits and Australians than in the tech industry, fewer Indians, Chinese, and Russians), dominated by organizations founded in the distant past, and at the moment strikingly downcast and even panicked.“
- Le lecteur est prêt à payer, aucun doute là-dessus. Les Google sont certains que les gens sont prêts à payer pour accéder à de l’info en ligne – “why even talk about it ?” – et se concentrent sur les vraies questions : “how they would pay, and for what kind of news”, “what the news business will have to do to “engage” readers again—that is, make them willing to spend time with its printed, online, or on-air products, however much they cost”.
- Les petites annonces à l’origine de la descente aux enfers. Sur les origines de la situation actuelle de la presse, Josh Cohen (ex Web-news manager de Reuters, responsable aujourd’hui des relations entre Google et les éditeurs à New York) rappelle qu’il ne voit pas de cause unique mais un fait déclencheur : la chute vertigineuse du business des petites annonces (qu’il estime entre 30 à 40% des revenus d’un journal), puis la baisse de la diffusion, entraînant la baisse de la valeur des publicités, ce que Eric Schmidt, le boss de Google appelle dans l’article “ the triple whammy”.
- “L’info n’a jamais fait gagner d’argent aux journaux”, il faut décomposer le produit “journal” et dépackager les infos. L’idée de base était de faire acheter au lecteur l’ensemble des rubriques bien qu’il ne soit intéressé que par une ou deux rubriques. Aucune rubrique n’a donc jamais pu être évaluée sur son audience propre. “Les journaux n’ont jamais gagné d’argent sur l’information” répète Hal Varian dans l’article, mais ce sont les rubriques secondaires comme l’immobilier, le voyage ou la technologie qui ont généré des revenus car les annonceurs pouvaient cibler leurs publicités. Internet a été l’outil pour défaire ces “cross-subsidies” et Google a été le dépackageur le plus puissant : en permettant au lecteur de trouver rapidement l’information qu’il cherchait, et en permettant à l’annonceur d’atteindre directement son client potentiel.
- Les journalistes, la vraie valeur de supports plombés par les coûts fixes du papier. Les coûts fixes engendrés par le papier (son achat, l’impression) absorbent “jusqu’à 15%” du chiffre d’affaires de la presse papier, et même 35% si l’on inclue les frais administratifs, la promotion… alors que la vraie valeur des journaux est ailleurs : les journalistes ! “the people who report, analyze, and edit the news”.
- La presse agonise mais c’est une transition. La solution n’est pas (encore) dans l’arrêt des versions papier… La presse passe une transition difficile, “an agonizing transition—bad enough, but different from dying”, et bientôt “les lecteurs seraient de nouveau prêts à s’abonner et la valeur des publicités online augmenteraient. “
La suite dans le prochain post… En attendant, voici la présentation de l’économiste en chef de Google, Hal Varian, mise en ligne par The Atlantic Monthly :
Photo de Melina via Flickr sous licence CC

On retrouve de grands médias (


